Faut-il s'autoéditer ?

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Faut-il s'autoéditer ?

Messagepar becdanlo » Lun Jan 11, 2010 10:48 am

On lit souvent qu'il ne faut pas s'autoéditer car après nous serions "grillé" pour être édité normalement. Dans un commentaire sur le blog de Wrath, Jean d'Aillion nous explique son parcours:

Puis-je apporter quelques éléments concrets à ce débat ?
L’important, c’est le lectorat, pas l’éditeur.
J’ai publié mon premier roman en autoédition il y a quatorze ans et j’en ai vendu une soixantaine la première année. Quelques années plus tard, la maison d’édition que j’avais créée (et qui ne publiait que mes livres) en vendait quatre mille par an.
Il y a six ans, un éditeur m’a racheté les droits de la plupart de mes livres.
En 2008 il a vendu un total de 40400 ouvrages (d’après mes relevés), plus une vingtaine de mille (au moins) en club et en traduction. Je n’ai depuis aucun mal à trouver des éditeurs.
Ce qui compte donc, c’est de faire des livres qui sont lus, qui sont demandés par les lecteurs. L’éditeur est important mais il n’est là que pour accompagner un mouvement.


Rédigé par: Jean d'Aillon | 11 janvier 2010 à 05:53

http://louis-fronsac.site.voila.fr/

http://wrath.typepad.com/wrath/2010/01/ ... c20898970b
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Messagepar Richard » Lun Jan 11, 2010 1:33 pm

Il est vrai qu'avec l'impression numérique, par des entreprises comme Lulu.com ou autres, ce n'est pas difficile de fabriquer un livre.
Le problème du "compte d'auteur" n'existe définitivement plus.

L'éditeur maintenant n'est utile que pour vendre. C'est vraiment ça qui est le plus difficile. Pour l'éditeur lui-même également. C'est un métier : la promotion et la distribution de ce type de produit qu'est le livre.

S'auto-éditer, c'est exercer ce métier soi-même. Il faut savoir faire. Personnellement, je ne sais pas faire.
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Messagepar becdanlo » Lun Jan 11, 2010 11:24 pm

Richard a écrit:
Il est vrai qu'avec l'impression numérique, par des entreprises comme Lulu.com ou autres, ce n'est pas difficile de fabriquer un livre.
Le problème du "compte d'auteur" n'existe définitivement plus.

L'éditeur maintenant n'est utile que pour vendre. C'est vraiment ça qui est le plus difficile. Pour l'éditeur lui-même également. C'est un métier : la promotion et la distribution de ce type de produit qu'est le livre.

S'auto-éditer, c'est exercer ce métier soi-même. Il faut savoir faire. Personnellement, je ne sais pas faire.


Je crois que malheuresement le "savoir vendre" est aussi un problème pour les éditeurs.

Ce qui devrait changer la donne c'est ce type d'information:

Le jour de Noël 2010, pour la première fois, les clients (Amazon) ont acheté plus de livres pour le Kindle que de livres papier", a annoncé le groupe dans un communiqué.

http://hightech.challenges.fr/actualite ... apier.html
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Messagepar Richard » Mar Jan 12, 2010 8:56 am

Le livre électronique va sans doute changer la donne, pendant un certain temps, les éditeurs vont se chercher. Quoiqu'un livre électronique soit un produit différent du livre papier. Enfin, je pense. On n'en fait pas le même usage. Il ne s'adresse pas au même client. Je ne crois pas.
Ce qui ne va pas changer, c'est qu'il faut trouver des lecteurs. Mon livre ou le tien ou n'importe lequel si tu n'es pas une célébrité, pour cela, doit se différencier et être remarqué parmi je ne sais pas combien de millions de livres, que ce soit sur les étagères d'une librairie ou bien internet.
Comment fait-on ?
Les éditeurs, qui eux-mêmes ont un nom (Plon, Gallimard, etc.) et d'efficaces circuits de distribution, dépensent pour cela des budgets gigantesques en communication, et encore, ciblés sur quelques auteurs seulement, ceux pour lesquels ils sont certains d'avoir un retour d'investissement.
Le livre électronique : on change le packaging et le circuit de distribution ; pour le reste, rien ne change.

Tu ne crois pas ?
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Messagepar becdanlo » Mar Jan 12, 2010 11:16 am

Richard a écrit:
Le livre électronique va sans doute changer la donne, pendant un certain temps, les éditeurs vont se chercher. Quoiqu'un livre électronique soit un produit différent du livre papier. Enfin, je pense. On n'en fait pas le même usage. Il ne s'adresse pas au même client. Je ne crois pas.
Ce qui ne va pas changer, c'est qu'il faut trouver des lecteurs. Mon livre ou le tien ou n'importe lequel si tu n'es pas une célébrité, pour cela, doit se différencier et être remarqué parmi je ne sais pas combien de millions de livres, que ce soit sur les étagères d'une librairie ou bien internet.
Comment fait-on ?
Les éditeurs, qui eux-mêmes ont un nom (Plon, Gallimard, etc.) et d'efficaces circuits de distribution, dépensent pour cela des budgets gigantesques en communication, et encore, ciblés sur quelques auteurs seulement, ceux pour lesquels ils sont certains d'avoir un retour d'investissement.
Le livre électronique : on change le packaging et le circuit de distribution ; pour le reste, rien ne change.

Tu ne crois pas ?


C'est vrai que les grosses maisons d'édition ont les moyens de promouvoir des livres à la hauteur d'une campagne de pub pour vendre de la lessive...

Je misais pas mal sur les blogs (phénomène du buzz)... mais je me rends compte qu'ils ne font que relayer les mouvements qui existent déjà. Mystères de "l'Elégance du hérisson" ou du "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates"... ces soi-disant succès issus du bouche à oreille des lecteurs ?
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Messagepar Richard » Mar Jan 12, 2010 1:29 pm

En effet, le phénomène du bouche à oreille est un mystère.

Comment ça marche ? Je serais curieux de le savoir.

Les gens de marketing savent qu'un des nombreux critères d'achat, pour un consommateur est : de quoi ai-je l'air si j'achète tel produit. Par exemple : de quoi ai-je l'air si j'achète une Mercedes ou une Citroën. Bien sûr il existe d'autres critères, comme le prix, le design, le nécessité, etc...

On peut faire le même raisonnement :

De quoi ai-je l'air si je lis du Proust ou du Mauriac ?
De quoi ai-je l'air si je lis du Marc Levy ou du Gavalda ?
De quoi ai-je l'air si je lis du Becdanlo ou du Philippum ?

Pour briller dans les salons, selon le salon dans lequel on veut briller, ça n'aura pas la même allure. ça doit peut-être jouer dans le phénomène du bouche à oreille. Mais ça n'est peut-être pas tout....
Il faut sûrement un fait déclencheur. Lequel ?
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Messagepar Philipum » Mar Jan 12, 2010 2:36 pm

Richard a écrit:
De quoi ai-je l'air si je lis du Becdanlo ou du Philippum ?


D'un erre-rues, dis ?

Mais puisqu'on a plein de neige, ici, faisons une petite analogie : disons que tu veux qu'une boule de neige, en roulant sur une pente, grossisse, grossisse, et grossisse encore. Plusieurs facteurs vont jouer en ta faveur ou en ta défaveur : d'abord, il faut une boule bien ronde au départ, bien dure, bien solide ; ensuite, il faut que la pente soit bien enneigée et de bonne inclinaison ; avec de la neige ni trop sèche, ni trop lourde, cela dépendra bien sûr de la température du moment, de l'histoire de cette neige, si c'est le soir ou le matin, si c'est ensoleillé, etc. On peut imaginer qu'une fois sur un million, le phénomène se met en branle, et il arrive un seuil critique à partir duquel le truc part hors de contrôle, pouvant provoquer une avalanche. Pourtant, l'hiver suivant, tout est en général oublié, et une nouvelle neige est retombée...
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Messagepar Richard » Mar Jan 12, 2010 3:26 pm

Elle me plait bien, l'analogie, parce que nous aussi on a plein de neige, ici.

Alors, prenons un exemple :
Si le livre est signé par Johnny Halliday, ça c'est une grosse boule bien dure, exactement celle qui faut pour commencer. Si le livre parle du scandale des hôpitaux de l'incompétence des chirurgien, ou quelque chose comme ça, alors la neige est excellente, ni trop sèche ni trop lourde. Si le livre ne met pas deux ans à sortir mais s'il est en librairie à la fin de cette semaine au plus tard, alors la pente à exactement le degré d'inclinaison qui convient.

Autre exemple, Philippum !
Si au cours d'un dîner, tu dis avoir lu le dernier Musso et que tu l'as trouvé nullissime, avec des grosses ficelles bien énormes, et que tu ne comprends vraiment pas comment ce type peut avoir un tel succès, alors tu lèveras une discussion, avec des gens qui t'approuveront, avec des détracteurs ; et il y en aura dans l'assistance qui diront: "De diou ! je n'ai jamais lu Musso, il faut que je l'achète, sinon je vais mourir idiot". et la boule de neige continue....

Si au contraire, lors du même dîner, tu dis avoir lu "le Maître de manège", que ce livre est un chef d'oeuvre, que Richard son auteur est un génie, la dernière révélation littéraire pour les siècles à venir, alors on te regardera avec des yeux mi gêné mi intéressé, et on se dira en soi-même : " Jamais entendu parlé ! de qui parle-t-il, cet énergumène de Philippum ?"
et la discussion reviendra sur Musso.

Tu ne crois pas ?
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Messagepar Philipum » Mar Jan 12, 2010 4:29 pm

Absolument !

J'aimerais bien avoir le témoignage des tous premiers lecteurs de Musso, peut-être un petit groupe de fans qui ont tout fait commencer ; peut-être un énergumène qui a gueulé lors d'un salon ; un malentendu lors du journal de 20 heures ; que sais-je ?
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